LES GRANDS COURANTS LITTÉRAIRES : LE MOYEN ÂGE 

1. La chanson de geste 

C’est dans les dernières années du XIè siècle qu’apparaissent les chansons de geste, poèmes épiques traitant de hauts faits du passé, et destinés à être chantés. En effet, geste vient du latin gesta, signifiant « exploits ». La plus ancienne des chansons de geste connue à ce jour est sans doute La Chanson de Roland dans la version du manuscrit d’Oxford, daté de 1098 environ.


La chanson de geste est composée de « laisses », sortes de strophes à longueur variable, dont les vers sont assonancés. Les chansons les plus tardives, quant à elles, sont rimées. Le mètre employé est le décasyllabe (vers épique par excellence), mais le XIIè siècle verra l’apparition de chansons de geste rédigées en alexandrins.

 

La chanson de geste traite de faits guerriers, se déroulant toujours dans l’empire carolingien. Elle a souvent pour thème la guerre contre les sarrasins, et fait souvent office de propagande dans un contexte historique qui est celui des croisades : La Chanson de Roland, par exemple, aurait été rédigée durant la première croisade. 

 

Dans ces Chansons de gestes, l’histoire est défigurée et l’ordre chronologique bouleversé. Les poètes attribuent, par exemple, à Charlemagne la victoire de Poitiers ; ils conduisent leur héros jusqu’à Jérusalem où il va, en pacificateur, s’asseoir dans les chaires de Jésus-Christ et des douze apôtres, et d’où il revient chargé de reliques pour l’abbaye de Saint-Denis.

 

http://lettres-medievales.over-blog.com/pages/La_chanson_de_geste-202761.html

https://www.espacefrancais.com/les-chansons-de-geste/ 

 

 

Curold (XIe siècle)

Le plus remarquable des poèmes qui ont célébré Charlemagne comme un héros, est la fameuse Chanson de Roland ou de Roncevaux. La première rédaction en a été faite au XIe siècle par le trouvère normand Curold ; cinq chants suffisent au trouvère pour développer cette légende.

http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/resume-d-oeuvre/content/1831004-resume-la-chanson-de-roland

 

2. La courtoisie  

La littérature courtoise est publiée surtout entre le XIIe et le XIVe siècle. Elle répond à un idéal de société. La courtoisie c’est une attitude morale liée au rang de la noblesse. C’est la vertu, la loyauté, la générosité.
Le modèle courtois a donné naissance à la fin’amor, un amour d’un genre nouveau entre la Dame et le chevalier. Le chevalier va essayer de se dépasser pour mériter sa Dame. Chaque exploit lui est un hommage rendu. En échange, la Dame lui offre amour et protection. C’est un idéal qui met la femme en position forte par rapport à l’homme dans le lien amoureux.

 

Les lettres d'éloïse et Abélard datant du XIIe siècle sont l’une des pièces courtoises du Moyen Âge les plus célèbres. Cet échange de lettre entre les deux amants est une histoire réelle qui a inspiré des œuvres épistolaires ultérieures, telle la Nouvelle Héloïse de Rousseau.

 

Le Roman de la Rose vers 1200, de Guillaume de Lorris et de Jean de Meung compte parmi les pièces majeures. Ce roman allégorique mêle l’art du symbole et l’art romanesque pour livrer une peinture de l’amour.

Au XIIIe siècle, les auteurs de roman s’émancipent du vers. La prose devient l’outil d’écriture. La taille des romans se trouve soudain démultipliée. D’auteurs inconnus, le Lancelot en prosela Quête du Saint-Graal et la Mort du Roi Arthur forment un ensemble massif autour des motifs amorcés par Wace et Chrétien de Troyes.

 

Parmi les romans courtois, on compte aussi Tristan et Iseut dont les fragments les plus importants qui nous sont parvenus sont ceux de Béroul et de Thomas.

 

La poésie courtoise du Moyen Age est chantée par les troubadours. Elle est dit lyrique au sens premier du terme, c’est-à-dire qu’elle est chantée.
Les poètes peuvent être de grands seigneurs, tels Guillaume IX de Poitiers ou Raimbaud d’Orange, ou des hommes de plus basse condition, tel Cercamon.

Les poètes courtois les plus célèbres sont Adam de la Halle et Guillaume de Poitiers (1071-1127).
Cet art était accessible aux femmes. Elles composaient des chansons de toile, des pastourelles et des lais sur le thème de la courtoisie.

 

Marie de France (1154-1189) est certainement la plus connue de ces femmes poètes. Son oeuvre des Lais s’est imposée dans la postérité. Le lai, tel qu’il est pratiqué par cet auteur est une forme lyrique de récit romanesque emprunté à la matière de Bretagne. Ils plaisaient beaucoup et exaltaient un sentiment tendre et mélancolique.

https://eleonorecotton.wordpress.com/2013/12/30/moyen-age-la-litterature-courtoise/ 

 

Guillaume de Lorris (1200-1238)

Guillaume de Lorris est un poète français du Moyen Âge. À l'exception de sa naissance à Lorris et de son extraction noble, on ne sait rien de sa vie. Protégé du comte de Poitiers, il est l'auteur de la première partie du Roman de la rose, environ 4 000 vers, qu'il laisse inachevé et que Jean de Meung termine une quarantaine d'années plus tard.

https://www.babelio.com/auteur/Guillaume-de-Lorris/118305

Jean de Meung (1240-1305)

Avant tout l'auteur de la seconde partie du Roman de la Rose, il a laissé des traductions (la Consolation, de Boèce, l'Art de Chevalerie, de Végèce, les Épîtres d'Abélard et d'Héloïse). Le Roman de la Rose est un rêve dans lequel le chevalier doit accéder à un trésor précieux : un bouton de rose au cœur d'un jardin clos. Le poème décrit les multiples épreuves que le chevalier doit affronter dans sa quête. Cette quête est une allégorie qui représente l'amour courtois en vogue au sein de la noblesse française à cette période du Moyen-Âge.

https://www.babelio.com/auteur/jean-de-meung/71985

Adam de la Halle (1240-1287)

Adam De La Halle, également appelé Adam le Bossu, est un trouvère picard, auteur du Jeu de Robin et Marion, qui constitue dans l’histoire du théâtre français le plus ancien exemple de théâtre d’inspiration entièrement profane. Novateur à la scène, Adam le fut également dans le domaine de la musique en introduisant la polyphonie dans ses motets et ses rondeaux.

https://www.symphozik.info/biographie-courte-adam+de_la_halle,50.html

Chrétien de Troyes (1135-1190)

Il est considéré comme le premier grand romancier français. Son travail à la cour de Champagne, lui a imposé le sujet de son Lancelot. Il fut également près de Philippe d'Alsace, comte de Flandres (Perceval lui est dédié). On ne sait pas pourquoi le Conte du Graal est inachevé, peut-être en raison de la mort de son auteur.  Il s’inspire des légendes bretonnes et celtes autour du roi Arthur et de la quête du Graal.

https://www.superprof.fr/ressources/langues/francais/autres-niveaux-fr1/tout-niveau-fr1/vie-oeuvre-medieval.html

Guillaume de Poitiers (1020-1090)

D’origine normande, Guillaume de Poitiers fait ses premières armes dès la minorité du jeune duc de Normandie. Il se retire de la carrière militaire pour aller étudier à Poitiers. Il entre dans les ordres et devient archidiacre de l’évêque de Lisieux vers 1050. Il soutient et suit Guillaume le Conquérant dans ses expéditions guerrières dirigées aux frontières de la Normandie. Parmi ses œuvres en vers et en prose, seule son Histoire de Guillaume le Conquérant nous est parvenue.

https://www.lesbelleslettres.com/contributeur/guillaume-de-poitiers 

 

Marie de France (1154-1189)

Première femme poète française, elle vécut à la cour brillante de Henri II d’Angle­terre et d’Aliénor d’Aquitaine. Cultivée, connaissant le latin, l’anglais, la littérature française contemporaine, elle a écrit un Isopet (recueil de fables ésopiques), et des Lais, des chansons tirées des vieilles légendes bretonne. Elle raconte en brefs poèmes narratifs, comparables à la nouvelle moderne. 

https://geudensherman.wordpress.com/lit-ma-fr/ma-1150-1250/marie-de-france-les-lais/